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28 novembre 2020 6 28 /11 /novembre /2020 09:24
Toussaint vous emmène en voyage !

 

Pendant ce second confinement, je vous ai invité à un voyage exotique et immobile sur l’île papillon, pour y découvrir les paysages, la faune et la flore de la Guadeloupe avec pour guide Toussaint Louverture, un chat créole. Un road movie antillais qui vous emporte loin de chez vous sans en sortir. Du 1er au 28 novembre 2020 vous avez pu lire quatre chapitres de mon 3ème roman félin « TROPIQUE DU CHAT » (ISBN: 979-10-348-1430-5 / Christine LACROIX) sorti chez Evidence éditions. Il est disponible en broché et en ebook, et est de nouveau à votre portée dans votre librairie préférée si vous avez envie de lire la suite.

Toussaint Louverture est un général de cavalerie né en 1743 à Saint-Domingue. En 1791 il posa la première pierre d'une nation noire indépendante en Haïti. Toussaint Louverture c’est aussi le héros de «Tropique du chat». Un «Cat-ribéen» qui raconte son île d’azur et de jade à travers ses yeux de félin. Blanchette est une petite chatte métropolitaine qui vit sa deuxième vie en gris, et rêve de lapis-lazuli et d’émeraudes. Sept mille kilomètres d’océan les séparent. Mais le destin se moque des distances…

1er chapitre :

http://chat-pitre.over-blog.com/2020/11/lecture-de-confinement.html

2ème chapitre :

http://chat-pitre.over-blog.com/2020/11/tropique-du-chat.html

3ème chapitre :

http://chat-pitre.over-blog.com/2020/11/lecture-de-confinement-3.html

4ème chapitre :

 

Toussaint

J’ai oublié de me présenter. Je suis un catribéen, né de mère européenne et de père inconnu, à Terre-de-Haut aux Saintes. Une île de la mer des Caraïbes située juste en face du grand continent vert, dans la ligne de Vieux-Fort et de Trois-Rivières. Mon ancêtre était égyptien, il était venu par bateau d’Afrique il y a fort longtemps avec une cargaison de bois d’ébène. La marchandise était bien noir ébène, mais le bois était bien vivant, enfin presque, d’après la légende. Je n’ai jamais quitté mon île, j’aurais pu visiter le Grand Îlet, l’Îlet à Cabrit ou Terre-de-Bas à seulement quelques encablures de mon port de naissance, il suffirait que j’embarque sur une vedette à touristes ou sur un bateau de pêche, mais je ne suis pas un aventurier, enfin, c’est ce que je pense à cette heure.

Je suis donc un chat noir antillais, la face et le ventre saupoudrés de sucre glace, avec des pattes blanches du carpe au coussinet et un cœur blanc sur la poitrine. J’ai le poil ras comme tous les habitants des pays tropicaux, pour pouvoir supporter les 28° quotidiens de notre île. Enfin presque tous, je connais une persane qui était en croisière sur un quatre-mâts baptisé d’une mer exotique et lointaine : La Méditerranée. Ce jour-là, elle s’était réfugiée dans une chaloupe pour échapper aux pieds qui la piétinaient, aux mains qui la souillaient, au brouhaha qui l’agressait. Seulement voilà, la chaloupe fut mise à la mer, d’autres mains et d’autres pieds se ruèrent à l’abordage. Elle se retrouva confinée dans un recoin. Elle prit ses pattes à son cou dès que la navette s’amarra à la terre ferme et elle resta cachée une journée, une nuit et une autre journée entière dans une barque de pêche, au risque, encore une fois, de jouer les chattes au long cours. Pas très futée, la belle étrangère.

Elle était couleur crème fleurette du menton aux coussinets,  la queue et les oreilles étaient caramel blond et ses yeux étaient des pépites d’or rouge. Elle ne resta pas blanche très longtemps d’ailleurs, car la vie de tapis persan n’est pas la vie des champs de cannes à sucre. Enfin, une chance pour elle, le rafiot où elle était cachée avait subi un cyclone et se trouvait dans le cimetière des bateaux en manque d’étoupe. Elle ne rejoua pas les filles de mer et finit par secouer ses vibrisses aux alizés.

Elle commença par pleurer ses maîtres disparus à jamais. Elle se retrouvait livrée à elle-même, abandonnée, orpheline tel Vendredi sur son île déserte, mais l’on était samedi et l’île grouillait de Z’oreilles, mais pas les siens. Ils étaient repartis par la dernière navette, la larme à l’œil, et s’étaient sûrement empressés de racheter à prix d’or un autre spécimen de chat persan en tout point identique ; il paraît qu’ils les fabriquent à la chaîne sur le continent. Il suffit de préciser le modèle, la couleur du pelage, de la queue et des yeux à la commande, comme pour une voiture. Cela a un prix, mais quand on aime les félins, et surtout le prestige des nobles races, on ne compte pas.

Elle avait faim. Dans son ancienne vie, il lui suffisait d’un petit miaulement pour être servie, mais maintenant cela ne fonctionnait plus. Elle but une lampée dans une flaque formée par la dernière averse tropicale du crépuscule et se mit en chasse. Elle avait repéré une grenouille brune qui chantait plus fort que les autres. Elle la goba, elle eut un spasme, elle la recracha aussi sec et bava de l’écume pendant dix minutes, pendant que la rainette reprenait ses vocalises là où elle les avait interrompues. Mauvaise pioche !

Des chauves-souris vibrionnaient autour d’un arbre à pain, gobant les lépidoptères impudents. Mais elles étaient bien trop hautes pour servir de repas. Heureusement pour la persane, car je ne pense pas que ce genre de vampire soit comestible. Elle reprit ses recherches parmi les ruelles désertées. Elle finit par dénicher un reste de colombo de cabri, surtout du riz et des épices, un peu raide à avaler pour un palais de métwopolitaine prénommée « Perle sacrée d’Ispahan ». Elle vomit dans le caniveau et souffrit de brûlures d’estomac pendant vingt-quatre heures. Elle trouva enfin un morceau de patate douce au fond d’une poubelle et s’en délecta comme si c’était une queue de langouste à la parisienne. Deux jours plus tard, elle se rapprocha d’une marchande d’acras « spécial » touristes, confectionnés à base de beaucoup de piment et de très peu de morue, et s’acclimata peu à peu à cette nourriture ensoleillée, car quand la faim…

Je suis donc un catribéen à poil ras ; un mâle entier noir et blanc. La tache immaculée entre mes deux yeux se termine en pointe, comme le plumeau sur le bicorne du général en chef des armées françaises de Saint-Domingue et je porte d’élégantes chaussettes blanches comme ses pantalons. J’ai vu le jour une nuit de carême, le vingt-cinq février en pleine saison sèche, dans un buisson de chèvrefeuille du Cap, parfumé au jasmin. Je gagnai mon indépendance cinq mois plus tard et je pris mes quartiers d’été permanent dans le bistrot du coin, entouré de vieux habitués à chapeau en feuilles de palmes. Au début, le bruit sec des dominos claquant sur la table dévernie et les invectives des matelots assoiffés me faisaient peur, aujourd’hui, je ne les entends plus. C’est le rendez-vous des marins, la halte rhum-citron vert pour les travailleurs de la mer, l’étape obligatoire avant le retour à la case et les remontrances de la matrone. Car si le patron pêcheur est seul maître à bord après Dieu, chez lui, c’est une tout autre histoire.

Si les chats de métropole sont dûment baptisés, les catribéens, eux, ne s’appellent pas ; libres comme la brise, ils passent d’un maître à un autre, font du saute-île, baguenaudent dans les ports, sans entrave, et ne se sédentarisent jamais assez longtemps pour pouvoir porter un nom. Je fais exception à la règle. Le patron du bistrot, où je traîne souvent mes coussinets, m’a trouvé un patronyme à mon image : celui d’un Antillais comme moi, mais du côté d’Haïti, général de cavalerie de son état, né le vingt mai 1743 à Saint-Domingue. En son temps, il posa la première pierre d’une nation noire indépendante lors de la révolte du vingt-trois août 1791 ; moi je n’étais pas encore né. Les Saintois et les communautés antillaises en général lui doivent de vivre sur un îlot de liberté.

Un tableau le représente sabre au clair, sur son destrier cabré, blanc comme l’écume, prêt à en découdre avec l’ennemi. La reproduction, jaunie par le soleil généreux des îles et les embruns tout aussi prodigues, est accrochée au mur du fond, juste au-dessus d’une chaise qui aurait bien besoin de voir un canneur. Le cannage défoncé pouvant tout juste supporter le poids d’un enfant d’un an ou celui d’un chat de onze mois. Je m’installe souvent, pour ma sieste du début ou de fin d’après-midi, sur cette chaise mise au rebut dans une encoignure de la salle pour éviter une chute malencontreuse d’un client sur le béton brut ; dans les îles, on ne jette rien, on garde au cas où. À force de me voir tous les après-midi sous cette gravure, le patron un jour eut l’idée de me donner son nom. Voilà pourquoi je suis connu comme Toussaint Louverture, le chat noir et blanc qui traîne ses pattes du côté du port.

Cette nuit, la lune argentée brille comme un joyau sur la voûte étoilée. J’arpente la jetée humide de la dernière averse. Le dicton bien connu « après la pluie le beau temps » a dû être inventé par un îlien, car, la dernière goutte à peine tombée du ciel, celui-ci se nettoie comme par magie et se pare de lumignons clignotants. Une ombre diaphane se glisse sous une coque renversée, la curiosité l’emporte sur la frayeur, je rampe sous le pointu et me retrouve vibrisses contre vibrisses avec la belle persane. Elle me conte ses aventures et je lui fais voir du pays. À nous deux, nous repeuplons Terre-de-Haut au fil de nos rencontres.

 

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21 novembre 2020 6 21 /11 /novembre /2020 08:29
LECTURE DE CONFINEMENT

 

Pendant ce second confinement, je vous invite à un voyage exotique et immobile sur l’île papillon, pour y découvrir les paysages, la faune et la flore de la Guadeloupe avec pour guide Toussaint Louverture, un chat créole. Un road movie antillais qui vous emporte loin de chez vous sans en sortir. Du 1er au 30 novembre 2020 vous pourrez lire quatre chapitres, avec un passage par jour, de mon 3ème roman félin « TROPIQUE DU CHAT » (ISBN: 979-10-348-1430-5 / Christine LACROIX) sorti au printemps dernier chez Evidence éditions, et disponible en broché et en ebook. Et quand la culture sera de nouveau à notre portée, vous aurez peut-être envie de lire la suite.

Toussaint Louverture est un général de cavalerie né en 1743 à Saint-Domingue. En 1791 il posa la première pierre d'une nation noire indépendante en Haïti. Toussaint Louverture c’est aussi le héros de «Tropique du chat». Un «Cat-ribéen» qui raconte son île d’azur et de jade à travers ses yeux de félin. Blanchette est une petite chatte métropolitaine qui vit sa deuxième vie en gris, et rêve de lapis-lazuli et d’émeraudes. Sept mille kilomètres d’océan les séparent. Mais le destin se moque des distances…

3ème chapitre :

 

Blanchette

Grismace a dix ans et je suis sa neuvième portée. Elle a eu trente-deux enfants et les a tous perdus de vue. Elle n’a jamais eu l’esprit de famille. Certains étaient de véritables clones, d’autres, comme moi, ne lui ressemblaient guère. Elle ne s’en est jamais formalisée. Elle n’a jamais rejeté un chaton parce qu’il était rouquin, ébène ou écaille de tortue.

Elle n’a jamais déménagé depuis sa naissance dans ce même lieu. Sa mère est morte écrasée sur le ruban anthracite, au bout du terrain, cinq semaines après sa naissance, elle avait tout juste commencé à ingurgiter des aliments solides. Seule dans la vie dès son plus jeune âge, elle n’a toujours compté que sur elle-même. Elle a repris l’ancienne nursery de sa mère, elle s’est rapprochée des deux pattes vivant dans la grande bâtisse beige, mais en gardant toujours ses distances et son indépendance. Elle a déjà visité la maison, mais toujours en leur absence ou à leur insu, en passant par le soupirail du sous-sol.

Elle est tombée pour la première fois enceinte à huit mois, elle donna naissance à un petit tigré et à une chatte uniformément grise et, depuis neuf ans, elle élève une nouvelle portée tous les ans. Je ne suis pas le premier chaton blanc qu’elle nourrit, mais je suis sa première adoption.

Pourtant, c’est la deuxième fois qu’elle perd entièrement sa portée. Lors de ses trois premières mises bas, tous ses rejetons sont restés jusqu’à la majorité, à la quatrième, un phénomène inexplicable s’est produit, elle a égaré tous ses enfants, sauf un mâle blanc et noir qu’elle a éduqué jusqu’au sevrage. Mais, lors de ses deux dernières naissances, les quatre chatons qu’elle avait mis au monde se sont volatilisés en pleine nature, à peine nés, les yeux encore clos sur le monde. Elle ne se l’explique pas. En fait, c’est surtout le deux pattes de la grande bâtisse, à qui elle les avait confiés, qui les a égarés. En tout cas, c’est la première fois qu’elle trouve un chaton de substitution pour remplacer les siens disparus, et c’est tombé sur moi.

Je ne m’en plains pas. Une maman pour moi toute seule, c’est une aubaine. Les chattes, sauf accident, ont toujours une ribambelle de rejetons accrochée à leurs mamelles. Moi, je peux choisir n’importe quel bonbon rose acidulé qui orne le dessous de son ventre. Je ne me prive pas, je me sers toute la journée à cette outre de lait concentré. Sybarite au royaume des chats.

Six jours que j’ai mal aux dents ! À ma naissance, je n’en avais pas, mais, depuis mon quatorzième jour de vie, mes incisives et mes canines de lait poussent. Dans un mois, j’aurai vingt-six dents ; à quatre mois, mes incisives adultes et, le mois suivant, les canines définitives apparaîtront ; au septième mois, j’aurai toutes mes dents, trente en tout. Je n’ai pas fini de souffrir !

Grismace, elle, n’en a que vingt-neuf, elle a perdu une incisive dans sa prime jeunesse, elle ne se rappelle plus comment, mais elle ne l’a jamais retrouvée et n’a jamais pu la donner à la petite souris pour se faire consoler ; de toute façon, plus un muridé ne se risque dans un rayon de trois cents mètres autour du moulin, avec tous ces chatons qui traînent leurs coussinets dans le quartier, ils ont tous déserté.

J’essaie de faire mes dents sur les tétines de ma génitrice, elle me mordille les oreilles ou la base du cou à intervalle régulier pour me rappeler à l’ordre. À quatre semaines et demie, je goûterai les aliments solides et, à trois mois, c’est sûr, je n’aurai plus le droit de téter, mais j’essaierai quand même.

Je ronge les brindilles à portée de crocs pour exorciser le mal. Aujourd’hui, c’est mon anniversaire, j’ai trois semaines. Je m’intéresse à mon environnement proche, j’observe, de mes magnifiques yeux des mers arctiques, le monde qui m’entoure. Pas un chaton ne peut s’enorgueillir d’avoir des yeux azur d’une telle intensité. Bon, d’accord, je me vante un chouïa, je sais que tous les chatons ont les yeux bleus à la naissance et les garderont jusqu’à deux mois, mais ensuite leur vie se teintera de céladon, d’ambre ou de topaze ; les miens, eux, resteront bleus, j’en suis persuadée et je vivrai toute ma vie couleur saphir.

J’ai pris du retard dès ma naissance, sauf pour les dents. Sous-alimentée, affaiblie, apathique, je ne me développe pas normalement. Je suis chétive et je le resterai d’ailleurs toute ma vie. Plus petite que la moyenne, plus indolente, je ne manque pourtant pas de volonté de vivre. Mon existence a véritablement commencé à l’âge de onze jours, il m’a fallu trois jours de soins intensifs pour avoir envie de revivre. J’ai perdu deux semaines de vie.

La langue râpeuse me lèche méticuleusement, je ne suis pas encore propre. Comme tous chatons nouveau-nés, je ne sais pas me servir d’une litière, c’est une des choses que ma mère doit m’apprendre. Je me soulage donc là où je me trouve et c’est Grismace qui nettoie. Tous les jours, elle me prend dans sa gueule, à la base du cou, serrant juste assez pour ne pas me blesser, mais suffisamment pour m’empêcher de chuter. Je me laisse faire sans broncher. Elle me déplace un peu plus loin sur ma literie paillée, dans un endroit propre et frais. Puis elle revient pour remuer les brins et recouvrir mes salissures.

Vous allez me demander : comment fait-elle pour trouver un brin de paille non souillé après huit portées dans un même lieu ? En fait, au fil des mois, la paillasse sèche complètement, elle perd son odeur âcre et est de nouveau utilisable. Si le paillis est vraiment trop souillé et irrécupérable, Grismace le balance d’un coup de patte discret à l’étage du dessous. Heureusement que nous sommes les seuls locataires de ce duplex. Ma nourrice, elle, fait ses besoins au-dehors.

Aujourd’hui, j’ai assez de force pour me dresser sur les pattes. Je tremble des quatre membres et je m’écroule sur le fourrage ; je me redresse à nouveau et avance deux pattes avant de faire un roulé-boulé dans le foin. Je persévère encore et encore.

Quand Grismace revient de sa virée crépusculaire, je suis à dix mètres de mon nid douillet, oscillant sur mes coussinets comme sur le pont d’un navire ; je gîte d’un côté et de l’autre. Je fais quelques pas chancelants vers ma maman, la démarche chaloupée, branlante. J’ai décidé de faire face à l’adversité.

La mère chatte me ramène dans sa gueule et me dépose délicaTement à l’emplacement exact, dans le creux de ma couche, là où la paille a été malaxée, remuée, façonnée avec amour. Elle me gronde doucement et me nettoie consciencieusement comme si je revenais d’un voyage au long cours. Elle me regarde avec tendresse, admirative. Je fais écho à son ronronnement. Je sais qu’elle est fière de moi.

Chaque jour, je fais des exercices de marche. Je suis de plus en plus solide sur mes coussinets, je trouve de l’assurance. Grismace lance des petits cris d’encouragement, moi, je couine de satisfaction. Je déambule en long, en large et en travers. J’ai visité toute la mezzanine. Je fais même mes besoins là où la soupente est la plus basse, là où Grismace ne peut même pas se glisser. J’ai appris à recouvrir avec la paille et la poussière millénaire accumulées à cet endroit. J’ai obtenu mon diplôme de propreté.

 

1er chapitre :

http://chat-pitre.over-blog.com/2020/11/lecture-de-confinement.html

2ème chapitre :

http://chat-pitre.over-blog.com/2020/11/tropique-du-chat.html

 

 

 

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14 novembre 2020 6 14 /11 /novembre /2020 09:23
TROPIQUE DU CHAT

 

Pendant ce second confinement, je vous invite à un voyage exotique et immobile sur l’île papillon, pour y découvrir les paysages, la faune et la flore de la Guadeloupe avec pour guide Toussaint Louverture, un chat créole. Un road movie antillais qui vous emporte loin de chez vous sans en sortir. Du 1er au 30 novembre 2020 vous pourrez lire quatre chapitres, avec un passage par jour, de mon 3ème roman félin « TROPIQUE DU CHAT » (ISBN: 979-10-348-1430-5 / Christine LACROIX) sorti au printemps dernier chez Evidence éditions, et disponible en broché et en ebook. Et quand la culture sera de nouveau à notre portée, vous aurez peut-être envie de lire la suite.

Toussaint Louverture est un général de cavalerie né en 1743 à Saint-Domingue. En 1791 il posa la première pierre d'une nation noire indépendante en Haïti. Toussaint Louverture c’est aussi le héros de «Tropique du chat». Un «Cat-ribéen» qui raconte son île d’azur et de jade à travers ses yeux de félin. Blanchette est une petite chatte métropolitaine qui vit sa deuxième vie en gris, et rêve de lapis-lazuli et d’émeraudes. Sept mille kilomètres d’océan les séparent. Mais le destin se moque des distances…

 

2ème chapitre :

Toussaint Louverture

 

Avant, cela faisait clic, clic, clic, maintenant cela fait zii, zii, zii. Avant, ils se cachaient derrière, maintenant, ils le tiennent à bout de bras. Avant, je me sauvais, pensant qu’ils voulaient m’attraper, en fait, ils m’attrapent bel et bien, mais seulement une partie de mon âme. Maintenant, je ne bouge plus.

Il est 17 heures 30, j’attends les pêcheurs sur la bitte d’amarrage, celle à l’extrémité gauche. La perspective est belle, c’est pour cela qu’ils me photographient : moi, le quai des Saintes et à l’horizon, la mer turquoise. La plupart ratent la photo; pensez donc, je suis face au soleil et eux aussi, alors le contre-jour ! Un plot noir, une masse noire posée dessus, deux triangles au sommet : une colonne de Buren aux rayures noires et blanches, rehaussée de deux minuscules pyramidons et c’est tout ! Ceux qui attendent le coucher du soleil ne s’en sortent pas trop mal. Quelquefois, un éclair blanc me lèche la queue et, là, c’est réussi.

Quand les pêcheurs arrivent, je ne les intéresse plus, ils photographient les saintoises et sa cohorte de mauves à tête noire qui les accompagne. Cet oiseau au plumage gris ardoise sur le dos, au ventre blanc, à la tête entièrement noire en cette période nuptiale, au bec et aux pattes d’un rouge foncé est la mouette des Antilles. Les bacs en plastique anthracite, orange, bleu ou vert sont déchargés sur le quai en béton, ils regorgent de poissons blancs, jaunes, rouges ou argentés. Il y en a des petits et des gros, des ailés et des armés, des rayés et des à pois, des vivants et des morts, des comestibles et des succulents. La mer Caraïbe est encore généreuse avec ces travailleurs des flots.

Je suis descendu de mon piédestal et je me suis posté derrière les cageots multicolores ; j’attends. Trois grands gosiers, aux airs de dodos d’un autre temps et à l’allure pataude et débonnaire, sont restés perchés sur des pieux plantés dans l’eau turquoise à deux encablures de la plage et patientent aussi dans la brise de cette fin de journée. Les pélicans bruns, avec leur bec d’accordéoniste, sont des opportunistes, si une des cagettes venait à sombrer dans les vagues, elle ne serait pas perdue pour tout le monde.

Je regarde le ballet des mains. Soudain, une tête de poisson tournoie dans le doux zéphyr, trois clapets se sont ouverts à l’unisson et six prunelles noires bordées d’azur fixent la proie qui virevolte dans les airs, je la rattrape au vol, deux zié (yeux) de roitalibi me supplient, je n’en ai cure, je le mutile encore un peu plus. Un régal. Un barbarin, ou rouget pour les Z’oreilles, trop petit pour la vente, atterrit entre mes pattes, je lui jette un sort. Puis un bout de nageoire caudale effrangée me passe au-dessus de la tête et tombe dans le sable blond ; un chat malingre a déjà bondi derrière mon dos, je fais volte-face, je feule une seule fois, il recule et ne me quitte pas des yeux pendant que je me lèche les babines. Les trois dodos sur pilotis n’ont pas bougé, ils ne m’ont jamais attaqué, pourtant, devant leurs trois mètres d’envergure, je ne ferais pas le poids.

Ce que je préfère, ce sont les pêcheurs à casier avec leur drôle de nasse tressée à la forme biscornue. Ceux-là ramènent le trésor des mers caraïbes : les crabes et les langoustes. Mais ils ne sont guère aimables avec la gent féline. C’est jour de fête quand je trouve une patte délaissée par une bête, car il ne faut pas rêver, jamais à ce jour un seul décapode n’a été lancé dans ma direction par un crabier.

La diversité des ressources halieutiques des Petites Antilles me classe dans la catégorie chat chanceux. La variété des poissons et autres crustacés est telle que je ne peux tous les citer, mais je vais quand même vous donner un aperçu de mes préférés. Celui qui n’aime pas le poisson peut sauter au paragraphe suivant.

D’abord les poissons dit blancs : le mulet, la bonite, le thon, le thazard, le barracuda, le balarou, le coulirou ou chinchard, le macrio et la carangue, uniquement de nationalité martiniquaise, car, en Gwadloup, elle est toxique. Allez savoir pourquoi ? Les poissons dits rouges sont les plus nombreux : la souris, le barbarin ou rouget, le marignan, les patates, le couronné, le roiliroi, le vivaneau, le roitalibi, la vierge, la pague, la sorbe, le vermeil, le grand z’yeux, les sardes et les capitaines, uniquement martiniquais, car eux aussi sont toxiques en Gwadloup et pour finir le fin du fin : le juif. Les bizarres pois- son-coffre et poisson-lune, le minuscule titiri, sa majesté l’espadon et l’effrayant requin complètent le tableau. Mais le plus beau, le plus emblématique, le plus majestueux est sans conteste la dorade moirée or et argent avec son mètre vingt de saveur. Je dois avouer que je n’en ai pas mangé souvent. Je ferais tout aussi bien mon ordinaire de langouste, de lambis ou de chatrou, notre poulpe antillais, mais, là encore, ce n’est pas ma nourriture quotidienne. Vous l’avez compris, je suis fine gueule et j’adooorrre les sushis. Je suis un hédoniste et j’en suis fier. Mais arrêtons de pérorer.

Je patiente, les poissons passent d’un bac à une page de France Antilles, d’une cagette à une paume de main calleuse, d’une table à un panier en feuilles de palme. Des bouts de papier multicolores et froissés changent de main. Un touriste essaie de négocier un prix, mais un local remporte le lot. Une femme blanche se met soudain à crier, des rires colorés fusent, deux tentacules d’un octopode se cramponnent à son avant-bras. Un macrio, trop abîmé s’envole, je le récure jusqu’aux arêtes puis tourne enfin les métatarses, à la grande joie des dizaines de paires d’yeux qui ne m’ont pas quitté du regard depuis que le manège des poissons volants a commencé.

Je suis rassasié, je laisse ma place aux chatons de l’année, frappés d’aboulie, car beaucoup trop frêles pour disputer la pitance d’un mâle entier de six mois leur aîné et deux livres de plus. Je suis repu. Il me faut rejoindre mon repaire pour une sieste digestive bien méritée. Le soleil est couché, mais l’agitation de l’île ne s’éteindra pas avant deux heures. J’ai de longues minutes devant moi avant de m’adonner à mes activités nocturnes.

Je contourne le débarcadère, je longe un amoncellement de filets multicolores emmêlés, de bacs en plastique éclatés, de nasses béantes, de bidons éventrés, de bâches déchirées, de bouées fluorescentes ; je me faufile entre des saintoises aux coques retournées et je file vers une ruelle sans issue, sauf pour moi. Je saute sur le muret au bout de l’impasse et je me retrouve dans la rue principale, je marche dans le caniveau très profond, trente centimètres, qui permet d’évacuer rapidement la pluie des averses tropicales et de garder les pieds des Saintois au sec. Le bar compte peu de clients à cette heure-ci, ils sont encore tous au port, pêcheurs comme acheteurs ; je m’installe sur la chaise au fond du bistrot et ne tarde pas à sombrer dans le sommeil félin.

Je suis secoué de tremblements, je rêve qu’un petit crabe terrestre au corps rouge et à calotte noire vient de surgir de son terrier et me défie de ses petits zié noirs en forme de bouton de bottine. C’est un crabe touloulou, qui vit aux abords des zones sableuses, mais qui ne sait pas nager. Je m’approche, il recule en crabe, comme il se doit, soudain, je bondis et l’écrase de toute la force de mes pattes, la carapace cède dans un bruit sec. Je me délecte de la chair rosée puis je m’enfonce au cœur de la mangrove. Peut-être trouverai-je à me mettre sous les crocs un crabe à barbe, aux pattes velues comme les araignées, aux pinces violettes et ivoire et qui font les délices des repas de Pâques sur les îles antillaises ? Je ne me rappelle pas la suite de mon rêve, mais ce que je suis sûr, c’est que je n’ai jamais mis les pattes dans la mangrove : beaucoup trop humide à mon goût. Enfin jusqu’à ce que je rencontre…

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6 novembre 2020 5 06 /11 /novembre /2020 09:01
LECTURE DE CONFINEMENT

 

Pendant ce second confinement, je vous invite à un voyage exotique et immobile sur l’île papillon, pour y découvrir les paysages, la faune et la flore de la Guadeloupe avec pour guide Toussaint Louverture, un chat créole. Un road movie antillais qui vous emporte loin de chez vous sans en sortir. Voilà la totalité du 1er chapitre.

Du 1er au 30 novembre 2020 vous pourrez lire quatre chapitres, avec un passage par jour, sur Linkedin https://www.linkedin.com/in/christine-lacroix-505b1658/ de mon 3ème roman félin « TROPIQUE DU CHAT » (ISBN: 979-10-348-1430-5 / Christine LACROIX) sorti au printemps dernier chez Evidence éditions, et disponible en broché et en ebook si vous êtes impatient de lire la suite. Et quand la culture sera de nouveau à notre portée, vous aurez peut-être envie de le lire en entier.

Résumé : Toussaint Louverture est un général de cavalerie né en 1743 à Saint-Domingue. En 1791 il posa la première pierre d'une nation noire indépendante en Haïti. Toussaint Louverture c’est aussi le héros de «Tropique du chat». Un «Cat-ribéen» qui raconte son île d’azur et de jade à travers ses yeux de félin. Blanchette est une petite chatte métropolitaine qui vit sa deuxième vie en gris, et rêve de lapis-lazuli et d’émeraudes. Sept mille kilomètres d’océan les séparent. Mais le destin se moque des distances…

1er chat pitre

Blanchette

Étouffée, écrasée, piétinée, bousculée, je n’arrive plus à respirer. Je suis recouverte d’une couverture poilue, des pieux me rentrent dans les côtes, je recule devant les ruades, submergée par cette multitude féline. Dernière-née d’une fratrie de six, je n’arrive que rarement à atteindre la tétine rose qui m’est destinée. Acculée dans un recoin du landau, je regarde mes frères et ma sœur s’abreuver aux mamelles de ma génitrice, avec ma vision toute neuve.

Huit jours que j’étais aveugle, mais, comme tous les chatons, je vois enfin le monde qui m’entoure ; ça va sûrement m’aider à trouver les tétines dans la cohue. Quelques heures plus tard, j’essaie à nouveau de percer cette mêlée compacte, mais sans résultat. Je m’épuise dans ces combats pour la survie. À peine née, je dois déjà me battre pour exister. Apathique, désarmée, affaiblie, je baisse la garde. Je m’éteins loin des mamelles nourricières. Je me blottis au cœur de l’arabesque que ma mère dessine avec le bout de sa queue.

Je suis en lévitation, ballottée, désorientée, sans vie. Déposée dans une cavité du fossé, à même le sol, je hume l’herbe verte. L’humidité me revigore, une perle de rosée me tombe sur le museau quand je bouge une oreille. Je pousse mon cri de chaton perdu, seul chant que je connaisse à l’aube de cette nouvelle existence ; trop tard, ma mère a disparu dans les fourrés. Comment maman Luth a-t-elle pu m’abandonner au bord de ce chemin vicinal ? Elle m’a cru morte, elle s’est débarrassée de ce fardeau trop encombrant et sans avenir. Je me remets à couiner sans discontinuer, puisant dans les dernières forces qu’il me reste, puis je m’écroule, sans vie, pour la deuxième fois de ma courte existence.

Une langue râpeuse sur mon petit museau rose me ramène à la vie. Je me retrouve de nouveau en lévitation, transportée délicatement dans la gueule d’une vieille chatte inconnue à l’allure déjetée. Après un court trajet et une ascension vers les hauteurs, elle me dépose au creux d’une botte de paille, à l’abri des regards, dans une construction à l’écart. Elle lèche chaque centimètre carré de mon corps frêle, m’enduisant de son odeur, s’imprégnant de la mienne, puis elle m’incite de la tête à attraper l’un des bonbons roses tout gonflés qui ornent son ventre, un liquide tiède et douceâtre me coule dans la gorge. Son ronronnement vibre agréablement à mes oreilles, j’y fais écho. Je rampe vers la deuxième tétine, puis vers la troisième, je veux toutes les essayer, mais je m’endors repue avant d’avoir atteint la quatrième.

Ma nouvelle génitrice est toute grise ; moi, je fais tache, couchée entre ses pattes anthracite avec ma livrée ivoire. Elle ne semble pas s’en soucier, elle a du lait à revendre. Elle ne l’explique pas encore : ses quatre chatons ont disparu sitôt sortis de son ventre ? Elle les avait présentés à ses maîtres qui habitent la grande maison beige que l’on aperçoit au loin. Confiante, elle avait laissé l’homme les prendre dans sa paume, il s’était éloigné avec, elle était inquiète, mais a attendu docilement son retour et il n’est jamais revenu avec les petits. Elle les a cherchés pendant des jours et des nuits, en fait, deux aubes et deux crépuscules et elle est tombée sur moi, Blanchette, petite boule de poils blancs donnée pour morte et abandonnée au bord de la sente par sa maman Luth.

Son instinct lui dicte de ne pas dévoiler, cette fois, ma présence aux deux pattes, c’est pour cela qu’elle me garde cachée au sein de la botte de paille et qu’elle me recouvre même de brins jaunes dès qu’elle s’éloigne ; car, tous les soirs, elle file vers la grande bâtisse sans moi et me rejoint au cours de la nuit.

Recroquevillée contre le flanc de la chatte esseulée, mes tremblements ont cessé. Je malaxe, de mes minuscules pattounes, le ventre ouaté de ma nourrice et je pousse des petits cris de satisfaction. J’ai repris le cours de mon existence là où je l’avais abandonné ; je tète, je dors, je me fais toiletter, mais sans les bousculades de ma vie d’avant. Ma mère d’adoption, elle, ronronne tellement fort que mes oreilles bourdonnent. Je suis aux anges !

J’ai adopté un régime hypercalorique, en quelques jours, j’ai prendre deux cents grammes, je suis toute ballonnée, ce qui ravit ma nourrice. Si mon statut de chaton unique a des inconvénients : quand ma mère s’en va, je reste seule et je ne profite pas des jeux et des chamailleries entre frères et sœurs, les avantages d’être le seul rejeton de la famille compensent largement : accès illimité aux mamelles, une maman chatte aux petits soins, de l’espace pour dormir, des léchouilles en abondance, les jouets toujours disponibles comme les oreilles ou la queue, de la chaleur et de l’amour à profusion. J’ai perdu une fratrie, mais j’ai gagné une mère poule. Enfin, façon de parler !

L’ancien moulin délaissé est spacieux, sans rapport avec mon précédent logement : une petite remise au fond d’un jardin, mais le but est le même, nous cacher aux yeux des humains et des mâles en maraude. La femelle m’a déposé à l’étage sur de la paille qu’elle a rassemblé avec ses pattes pour façonner un nid douillet. Des murs épais pour isoler, des meurtrières tout autour pour ventiler, une toile bleue plastifiée en remplacement des tuiles envolées, pour protéger des intempéries, donnant l’illusion d’un éternel ciel azuré, tel est mon nouveau logis.

L’odeur qui domine est celle de la colombe en robe des champs, élevée aux grains, qui avait confondu le moulin avec un pigeonnier. Elle a quitté les lieux, laissant et pour cause la place à la nursery de ma maman d’adoption et à ses nombreuses progénitures successives. La deuxième fragrance est celle du froment.

Je suis passée de la quadrichromie à la monochromie. Dans le monde actuel, c’est plutôt le contraire qui se passe ; le progrès est de laisser les couleurs envahir notre vie. Ma première maman portait une robe écaille de tortue où l’ocre, le fauve, la rouille se disputaient avec le blanc, le brun et le terre de Sienne. Deux pupilles d’ambre ornaient sa face, elle se prénommait Luth et m’avait baptisée Blanchette. La nouvelle s’appelle Grismace, à cause de sa fourrure laineuse gris souris et de ses yeux vairons : une améthyste à droite et un jade à gauche, déconcertant celui qui les fixe. Mais, de toute façon, regarder un chat droit dans les yeux est indécent. Moi, je suis toute blanche comme la banquise avec des yeux bleus des mers arctiques comme l’œil droit de ma maman de substitution ; mon poil est angora, car ma véritable mère a fauté avec la noblesse : un british shorthair, Boule de neige, pedigree en poche

Manquant d’imagination, ma nouvelle nurse décide de conserver mon premier nom de baptême « Blanchette ». Ce nom me suivra toute ma vie, exception faite d’un court intermède.

 

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30 octobre 2020 5 30 /10 /octobre /2020 09:40
LE CHAT-LLOWEEN !

Je me suis fait un tête de chat-lloween pour aller quémander des croquettes.

Comme mon frère, moi aussi je m'entraîne depuis une semaine, mais tout le monde rigole.

 

À ça y est, je le tiens.

Je fais peur hein !

 

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24 octobre 2020 6 24 /10 /octobre /2020 08:18
Le petit chat noir de Natsume Soseki

AU TEMPS DE BOTCHAN est un manga en 5 volumes de Jiro Taniguchi et Natsuo Sekikawa. Il raconte la vie de l'écrivain Natsume Soseki pendant l'ère Meiji. Un superbe chat noir jusqu'à la plante des pattes (porte-bonheur au Japon, contrairement aux autres pays), s'y promène au fil des pages dans le 1er volume. Ressuscité dans le 5ème, il en ponctue l'histoire. Ce chat noir, qui ne porte pas de nom, est un chaton recueilli par Soseki, il l'accompagne pendant 4 ans dans l'écriture de son roman "Botchan, le petit maître". Ce chat on le retrouve également dans l'autre ouvrage de Soseki : "Je suis un chat".

Et si vous cherchez de la lecture féline, vous pouvez vous plonger dans un de mes 4 romans sur les chats :

Attila le curieux chat voyageur

Fantastiques  aventures de Surcouf

Surcouf, le chat pitre

TROPIQUE DU CHAT

 

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17 octobre 2020 6 17 /10 /octobre /2020 14:29
Dent du chat ou Dent du chas !

La Dent du Chat est un des sommets du Mont du chat en Savoie. Située dans le Sud du massif du Jura, elle culmine à 1 390 mètres d'altitude en bordure du Lac du Bourget.

Le point culminant de cette montagne a été nommé le Signal du Mont du Chat et se dresse à 1 496 mètres d'altitude.

Quel rapport avec le noble félin ? Aucun !

Ah oui, je me disais aussi !

Car il aurait été plus judicieux d'écrire "La dent du chas" et "Le Mont du chas" car le terme « Chat » n'a rien à voir avec nos amis félins, mais est utilisé dans le sens très ancien de « passage » comme dans le « chas de l'aiguille ».

Mais comme les habitudes ont la dent dure, on continue à l'appeler La Dent du Chat, aujourd'hui percée par le tunnel du chat, dominé par le Col du chat, célèbre dans le monde du cyclotourisme.

Tout chat pour chat !

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8 octobre 2020 4 08 /10 /octobre /2020 17:13
ROLAND GARROS 2020

- Tu crois qu'elle est faute ?

- Je ne sais pas, mais moi je jouerais bien avec la petite balle jaune !

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7 octobre 2020 3 07 /10 /octobre /2020 17:01
AVIS AUX UTILISATEURS D'OVER BLOG

Une abonnée m'a envoyé ce message et je l'en remercie, je fais suivre pour la communauté Over blog.

« Si vous voulez supprimer les pubs de votre blog n'hésitez pas à consulter cette page, elle vous aidera a avoir un blog plus propre sans débourser un centime et en quelques minutes, merci pour le partage en tous cas. https://supprimer-la-pub-sur-overblog.blogspot.com/2020/09/supprimer-la-pub-sur-overblog-en.html »

Personnellement j'en ai ras le bol de ces publicités invasives, j'ai fais le nécessaire et vous pouvez aller voir le résultat, ça marche.

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5 octobre 2020 1 05 /10 /octobre /2020 07:57
Maneki-neko vs Bakeneko

À l’opposé du Bakeneko, le Maneki-neko est un bon esprit. Aussi appelé « chat bonheur », « chat qui appelle » ou « chat qui salue », le Maneki-neko, très populaire au Japon, apporterait félicité et écarterait malheur ou maladie.

Représenté sous forme de statuette en céramique ou porcelaine, le Maneki-neko prend l’apparence d’un chat levant une ou les deux pattes avant au niveau de ses oreilles. Ces statuettes de différentes couleurs n’avaient, à l’origine, qu’une visée décorative, mais on leur attribue aujourd’hui diverses significations :

Tricolore : noir, blanc et roux, cette couleur, la plus appréciée – certainement en raison de sa rareté chez le bobtail, race ayant servi de modèle aux statuettes – est considérée comme le plus puissant porte bonheur.

Blanc : symbole de pureté, cette couleur est aussi largement répandue.
Noir : le noir aurait pour fonction d’apporter la santé et écarter les esprits maléfiques.
Rouge : tout comme le noir, le rouge préserverait des maladies et protégerait des mauvais esprits.

Doré : couleur or, symbole de richesse.

Vert : cette couleur devrait porter chance quant à la réussite professionnelle.
Rose : non traditionnel, le rose est de nos jours associé à l’amour.

Si le Maneki-neko est largement représenté sous forme de statuettes au Japon, il y a aussi des contes qui lui sont associés. Ainsi, ce bon esprit, à l’instar du Bakeneko, se montre sous l’apparence d’un chat ordinaire, lequel agirait dans l’intérêt des humains, et diverses légendes pourraient être à l’origine de cette croyance.

Article précédent sur le Bakeneko : http://chat-pitre.over-blog.com/2020/04/l-opposition-entre-le-bakeneko-et-le-maneki-neko.html

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Présentation

  • : Le blog de CHAT PITRE
  • : AUTEURE DE ROMANS FELINS EDITEE CHEZ EVIDENCE EDITIONS FRANCE LOISIRS ET CITY EDITIONS
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  • CHAT PITRE
  • Passionnée de chats, je les photographie et je les romance.
  • Passionnée de chats, je les photographie et je les romance.

LIENS VERS MES ROMANS FELINS

 

Mon 3ème roman félin TROPIQUE DU CHAT chez évidence éditions

https://www.amazon.fr/dp/B084NYFSRL/ref=dp-kindle-redirect?_encoding=UTF8&btkr=1

 

 

Mon 2ème roman : ATTILA, le curieux chat voyageur chez City éditions

nouvelle version avec une préface de Brigitte Bulard-Cordeau

 

Les fantastiques aventures de Surcouf chez City éditions

 

 

 

 

 

LES FANTASTIQUES AVENTURES DE SURCOUF

"LES FANTASTIQUES AVENTURES DE SURCOUF"
mon 1er roman félin

LIEN VERS LE LIVRE : http://livre.fnac.com/a7889954/Christine-Lacroix-Les-fantastiques-aventures-de-Surcouf-le-Chat

Mon mail : surcouf.galaup@gmail.com

 

 

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