Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
30 mars 2021 2 30 /03 /mars /2021 09:53
SURCOUF, LE CHAT PITRE SERA BIENTÔT DE RETOUR

Le chat pitre est de retour pour une 2ème vie. Une vieille croyance dit que le chat a neuf vies et non pas sept. Cela vient du fait que les Égyptiens, qui étaient parmi les premiers à domestiquer le félin, étaient étonnés par la grande résistance du chat à échapper régulièrement au danger. Le chiffre neuf, composé de trois trinités, est devenu un chiffre porte-bonheur. Je viens de signer avec City éditions pour éditer la suite "des fantastiques aventures de Surcouf". Le rouquin aux gants blancs revient pour de nouvelles facéties inédites. Il est de tous les voyages de ses maîtres et ne manque pas d’imagination pour nous proposer des frasques à sa mesure.

Ce deuxième opus sortira certainement à l'automne prochain, en attendant vous pouvez vous plonger ou vous replonger dans le premier volume disponible en broché ou en ebook chez City éditions.

ICI : Fantastiques  aventures de Surcouf

Partager cet article
Repost0
18 mars 2021 4 18 /03 /mars /2021 16:09
ET SI UN CHAT VOUS FAISAIT VISITER LA GUADELOUPE  ?

 

Un superbe article sur ma bibliographie féline par Animalium Mag

https://www.animalium-mag.fr/une-romanciere-parmi-les-chats/

Et si vous cherchez de la lecture féline, vous pouvez vous plonger dans un de mes 4 romans sur les chats :

Attila le curieux chat voyageur

 

Fantastiques  aventures de Surcouf

 

SURCOUF, LE CHAT PITRE

 

TROPIQUE DU CHAT

Partager cet article
Repost0
14 mars 2021 7 14 /03 /mars /2021 11:03
DE QUI EST CETTE PHRASE ? LA REPONSE

 

LES GENS QUI HAÏSSENT LES CHATS SERONT RÉINCARNÉS EN SOURIS  ! (JIM WILLIS)

"Elle est où la souris ?"

Jim Willis est américain, auteur de 12 livres sur la religion et la spiritualité au 21e siècle, et il a écrit de nombreux articles de magazines sur des sujets allant des énergies terrestres aux civilisations anciennes. Il a été ministre ordonné pendant plus de quarante ans tout en travaillant à temps partiel comme charpentier, musicien, animateur de radio, directeur du conseil des arts et professeur adjoint dans les domaines des religions du monde et de la musique instrumentale. Il vit dans les bois de Caroline du Sud.

 

 

Partager cet article
Repost0
27 février 2021 6 27 /02 /février /2021 15:37
TIBURCE, LE CHAT QUI...

TIBURCE

Philippe RAGUENEAU (1917-2009), auteur de romans policiers, met en scène : "Tiburce, le chat qui..." Mais je trouve que la place de Tiburce dans l'histoire est vraiment partie négligeable et que mettre en avant le chat dans le titre du livre c’est un peu tromper sur la marchandise. Je trouve l'écriture un peu simpliste et les enquêtes policières un peu légères. Dans le style je préfère "Le chat qui..." de Lillian Jackson Braun (1913-2011). Les titres se ressemblent, mais je pense que la vénérable Lillian, qui a écrit pendant 75 ans, a eu l’idée de ce titre en premier. Philippe Ragueneau a peut-être voulu lui rendre hommage en choisissant un titre aussi proche.

Partager cet article
Repost0
6 février 2021 6 06 /02 /février /2021 10:35
UNE PORTE SUR L'ETE

Robert HEINLEIN

Par un des hivers qui précéda de peu la guerre de six semaines, j'habitais avec mon chat de gouttières, PETRONUS LE SAGE, une vieille ferme dans le Connecticut. Je doute qu'elle s’y trouve encore; elle était située en bordure de la zone qui fut soufflée, et Manhattan n'échappa à la destruction que de justesse. Ces vieilles baraques flambent comme du papier de soie. Serait-elle encore debout, elle ne constituerait plus qu'un logis peu attirant, en raison du voisinage actuel. Pourtant, à l'époque, nous l'aimions bien, Pete et moi. Le manque total de confort nous permettait de bénéficier d'un loyer modeste. Ce qui avait été une salle à manger donnait au nord; je jouissais donc d'un éclairage adéquat lorsque je travaillais sur ma planche à dessin. Toute médaille a son revers. Cette maison avait un défaut : ses onze portes de sortie; douze en comptant la chatière de Pete. J'ai toujours essayé, partout, d'aménager une chatière pour Pete : en l'occurrence, une planche remplaçant la fenêtre d'une chambre à coucher inoccupée avait été percée d'un orifice de la largeur de ses moustaches. De trop nombreuses heures de ma vie ont été passées à ouvrir des portes aux chats. Depuis l'aube de la civilisation, 978 siècles de temps humain ont au total été employés à ce geste : j'en ai fait le compte, les chiffres sont là pour le prouver. Donc, habituellement, Pete utilisait sa chatière, sauf s'il parvenait à m'obliger à lui ouvrir une porte, ce qui le comblait d'aise. Mais il refusait d'employer la chatière par temps de neige. Durant son enfance de chaton, alors qu'il n'était encore qu'une boule duveteuse et bondissante, Pete s'était élaboré une philosophie toute personnelle : j'avais la charge du logis, de la nourriture et de la météorologie, lui était chargé du reste. Il me rendait tout particulièrement responsable du temps qu'il faisait. Les hivers du Connecticut ne sont jolis que sur les cartes de Noël. Cet hiver là, très régulièrement, Pete allait jeter un coup d'œil à sa chatière, et, se refusant à emprunter ce chemin recouvert d'une déplaisance matière blanche - il n'était pas fou- venait me tanner jusqu'à ce que je lui ouvre une porte. Il avait la conviction inébranlable que l'une d'elles, au moins, devait s'ouvrir en plein soleil - s'ouvrir sur l'été -. Il me fallait donc, chaque fois, faire le tour des onze portes en sa compagnie, les lui ouvrir l'une après l'autre, et lui faire constater que l'hiver sévissait également, tandis que ses critiques sur mon organisation défectueuse s'élevaient crescendo à chaque déception. Lorsqu'il rentrait, la glace collée à ses petites pattes silencieuses faisait un bruit de claquettes sur le plancher. Il braquait sur moi un regard foudroyant et refusait de ronronner jusqu'à ce que tout soit léché, séché. Alors seulement, il me pardonnait...jusqu'à la sortie suivante. Mais il n'abandonna jamais sa recherche de la porte s'ouvrant sur l'été.

Les premières lignes de ce roman de Robert HEINLEIN « Une porte sur l’été » de 1957, même s'il n'est pas récent, me touchent par la poésie et l'amour des chats qui s'en dégagent. Nos félins, avec les années, ne changent pas et ce texte toujours d'actualité me rappelle furieusement un certain rouquin de mes amis, que vous pouvez retrouver là :

Fantastiques  aventures de Surcouf

 

SURCOUF, LE CHAT PITRE

Partager cet article
Repost0
30 janvier 2021 6 30 /01 /janvier /2021 10:53
LE VIEUX CHAT ET LA JEUNE SOURIS

LE VIEUX CHAT ET LA JEUNE SOURIS

(En françoys dans le texte)

UNE JEUNE SOURIS, DE PEU D'EXPERIENCE CRUT FLECHIR UN VIEUX CHAT,
IMPLORANT SA CLEMENCE
ET PAYANT DE RAISONS LE RAMINAGROBIS :
 "LAISSEZ-MOI VIVRE : UNE SOURIS DE MA TAILLE ET DE MA DEPENSE EST-ELLE A CHARGE EN CE LOGIS ? AFFAMEROIS-JE, A VOTRE AVIS L'HOTE ET L'HOTESSE,
ET TOUT LEUR MONDE ?
D'UN GRAIN DE BLE JE ME NOURRIS :
 UNE NOIX ME REND TOUTE RONDE. A PRESENT JE SUIS MAIGRE;
ATTENDEZ QUELQUE TEMPS :
 RESERVEZ CE REPAS A MESSIEURS VOS ENFANTS."
AINSI PARLOIT AU CHAT LA SOURIS ATTRAPEE.
 L'AUTRE LUI DIT : "TU T'ES TROMPEE :
 EST-CE A MOI QUE L'ON TIENT SEMBLABLES DISCOURS ?
 TU GAGNEROIS AUTANT DE PARLER A DES SOURDS.
CHAT, ET VIEUX, PARDONNER ? CELA N'ARRIVE GUERES.
SELON CES LOIS, DESCENDS LA-BAS. MEURS, ET VA-T-EN.
TOUT DE CE PAS HARANGUER LES SOEURS FILANDIERES :
MES ENFANTS TROUVERONT ASSEZ D'AUTRES REPAS."
IL TINT PAROLE ET POUR MA FABLE VOICI LE SENS MORAL QUI PEUT Y CONVENIR :
LA JEUNESSE SE FLATTE ET CROIT TOUT OBTENIR :
 LA VIEILESSE EST IMPITOYABLE.


Jean de La Fontaine

Partager cet article
Repost0
19 janvier 2021 2 19 /01 /janvier /2021 15:40
POESIE FELINE DE CIRCONSTANCE

POESIE FELINE

LE CHAT DERRIERE LA VITRE

REGARDE L’ASTRE BRILLER

ET SON CŒUR SE FAIT TRISTE

DE RESTER ENFERMER

Partager cet article
Repost0
14 janvier 2021 4 14 /01 /janvier /2021 08:56
MA MUSE : COLETTE, M'A INSPIREE POUR MES ROMANS FELINS

CHATS DE COLETTE

 Noir dans le noir. Plus noir que le noir. Plus noir que le combat de nègres à minuit dans une cave. Je n'ai pas besoin, pour disparaître, de me cacher ; je cesse seulement d'exister, et j'éteins mes phares. Mais je fais mieux encore, je dépose mes deux phares d'or au ras du tapis, flottant dans l'air, visibles et insaisissables, et je m'en vais à mes affaires... C'est de la magie ? Mais bien sûr. Croyez-vous qu'on soit noir à ce point, sans être sorcier ?

Si vous cherchez de la lecture féline en ce début d'année, vous pouvez vous plonger dans un de mes 4 romans sur les chats :

 

Attila le curieux chat voyageur

 

 

Fantastiques  aventures de Surcouf

 

 

Surcouf, le chat pitre

 

 

TROPIQUE DU CHAT

 

Partager cet article
Repost0
29 décembre 2020 2 29 /12 /décembre /2020 09:27
JEAN DE LA FONTAINE

LE CHAT ET LES DEUX MOINEAUX

de Jean de La Fontaine

 

Un chat, contemporain d'un fort jeune moineau

Fut logé près de lui dès l'âge du berceau

La cage et le panier avoient mêmes pénates.

Le chat étoit souvent agacé par l'oiseau

L'un s'escrimoit du bec, l'autre jouoit des pattes.

Ce dernier toutefois épargnoit son ami,

Ne le corrigeant qu'à demi.

Il se fût fait un grand scrupule

D'armer de pointes sa férule.

Le passereau, moins circonspect,

Lui donnoit force coups de bec.

En sage et discrète personne,

Maître chat excusoit ces jeux ;

Entre amis, il ne faut jamais qu'on s'abandonne

Aux traits d'un courroux sérieux.

Comme ils se connoissoient tous deux dès leur bas âge,

Une longue habitude en paix les maintenoit ;

Jamais en vrai combat le jeu ne se tournoit.

Quand un moineau du voisinage

S'en vint les visiter, et se fit compagnon

Du pétulant Pierrot et du sage Raton.

Entre les deux oiseaux il arriva querelle ;

Et Raton de prendre parti.

« Cet inconnu, dit-il, nous la vient donner belle,

D'insulter ainsi notre ami !

Le moineau du voisin viendra manger le nôtre ?

Non de par tous les chats ! » Entrant lors au combat,

Il croque l'étranger. « Vraiment, dit maître chat,

Les moineaux ont un goût exquis et délicat. »

Cette réflexion fit aussi croquer l'autre.

Quelle morale puis-je inférer de ce fait ?

Sans cela, toute fable est un œuvre imparfait.

J'en crois voir quelques traits ; mais leur ombre m'abuse.

Prince, vous les aurez incontinent trouvés :

Ce sont des jeux pour vous, et non point pour ma Muse ;

Elle et ses sœurs n'ont pas l'esprit que vous avez.

(en vieux français dans le texte)

Partager cet article
Repost0
28 novembre 2020 6 28 /11 /novembre /2020 09:24
Toussaint vous emmène en voyage !

 

Pendant ce second confinement, je vous ai invité à un voyage exotique et immobile sur l’île papillon, pour y découvrir les paysages, la faune et la flore de la Guadeloupe avec pour guide Toussaint Louverture, un chat créole. Un road movie antillais qui vous emporte loin de chez vous sans en sortir. Du 1er au 28 novembre 2020 vous avez pu lire quatre chapitres de mon 3ème roman félin « TROPIQUE DU CHAT » (ISBN: 979-10-348-1430-5 / Christine LACROIX) sorti chez Evidence éditions. Il est disponible en broché et en ebook, et est de nouveau à votre portée dans votre librairie préférée si vous avez envie de lire la suite.

Toussaint Louverture est un général de cavalerie né en 1743 à Saint-Domingue. En 1791 il posa la première pierre d'une nation noire indépendante en Haïti. Toussaint Louverture c’est aussi le héros de «Tropique du chat». Un «Cat-ribéen» qui raconte son île d’azur et de jade à travers ses yeux de félin. Blanchette est une petite chatte métropolitaine qui vit sa deuxième vie en gris, et rêve de lapis-lazuli et d’émeraudes. Sept mille kilomètres d’océan les séparent. Mais le destin se moque des distances…

1er chapitre :

http://chat-pitre.over-blog.com/2020/11/lecture-de-confinement.html

2ème chapitre :

http://chat-pitre.over-blog.com/2020/11/tropique-du-chat.html

3ème chapitre :

http://chat-pitre.over-blog.com/2020/11/lecture-de-confinement-3.html

4ème chapitre :

 

Toussaint

J’ai oublié de me présenter. Je suis un catribéen, né de mère européenne et de père inconnu, à Terre-de-Haut aux Saintes. Une île de la mer des Caraïbes située juste en face du grand continent vert, dans la ligne de Vieux-Fort et de Trois-Rivières. Mon ancêtre était égyptien, il était venu par bateau d’Afrique il y a fort longtemps avec une cargaison de bois d’ébène. La marchandise était bien noir ébène, mais le bois était bien vivant, enfin presque, d’après la légende. Je n’ai jamais quitté mon île, j’aurais pu visiter le Grand Îlet, l’Îlet à Cabrit ou Terre-de-Bas à seulement quelques encablures de mon port de naissance, il suffirait que j’embarque sur une vedette à touristes ou sur un bateau de pêche, mais je ne suis pas un aventurier, enfin, c’est ce que je pense à cette heure.

Je suis donc un chat noir antillais, la face et le ventre saupoudrés de sucre glace, avec des pattes blanches du carpe au coussinet et un cœur blanc sur la poitrine. J’ai le poil ras comme tous les habitants des pays tropicaux, pour pouvoir supporter les 28° quotidiens de notre île. Enfin presque tous, je connais une persane qui était en croisière sur un quatre-mâts baptisé d’une mer exotique et lointaine : La Méditerranée. Ce jour-là, elle s’était réfugiée dans une chaloupe pour échapper aux pieds qui la piétinaient, aux mains qui la souillaient, au brouhaha qui l’agressait. Seulement voilà, la chaloupe fut mise à la mer, d’autres mains et d’autres pieds se ruèrent à l’abordage. Elle se retrouva confinée dans un recoin. Elle prit ses pattes à son cou dès que la navette s’amarra à la terre ferme et elle resta cachée une journée, une nuit et une autre journée entière dans une barque de pêche, au risque, encore une fois, de jouer les chattes au long cours. Pas très futée, la belle étrangère.

Elle était couleur crème fleurette du menton aux coussinets,  la queue et les oreilles étaient caramel blond et ses yeux étaient des pépites d’or rouge. Elle ne resta pas blanche très longtemps d’ailleurs, car la vie de tapis persan n’est pas la vie des champs de cannes à sucre. Enfin, une chance pour elle, le rafiot où elle était cachée avait subi un cyclone et se trouvait dans le cimetière des bateaux en manque d’étoupe. Elle ne rejoua pas les filles de mer et finit par secouer ses vibrisses aux alizés.

Elle commença par pleurer ses maîtres disparus à jamais. Elle se retrouvait livrée à elle-même, abandonnée, orpheline tel Vendredi sur son île déserte, mais l’on était samedi et l’île grouillait de Z’oreilles, mais pas les siens. Ils étaient repartis par la dernière navette, la larme à l’œil, et s’étaient sûrement empressés de racheter à prix d’or un autre spécimen de chat persan en tout point identique ; il paraît qu’ils les fabriquent à la chaîne sur le continent. Il suffit de préciser le modèle, la couleur du pelage, de la queue et des yeux à la commande, comme pour une voiture. Cela a un prix, mais quand on aime les félins, et surtout le prestige des nobles races, on ne compte pas.

Elle avait faim. Dans son ancienne vie, il lui suffisait d’un petit miaulement pour être servie, mais maintenant cela ne fonctionnait plus. Elle but une lampée dans une flaque formée par la dernière averse tropicale du crépuscule et se mit en chasse. Elle avait repéré une grenouille brune qui chantait plus fort que les autres. Elle la goba, elle eut un spasme, elle la recracha aussi sec et bava de l’écume pendant dix minutes, pendant que la rainette reprenait ses vocalises là où elle les avait interrompues. Mauvaise pioche !

Des chauves-souris vibrionnaient autour d’un arbre à pain, gobant les lépidoptères impudents. Mais elles étaient bien trop hautes pour servir de repas. Heureusement pour la persane, car je ne pense pas que ce genre de vampire soit comestible. Elle reprit ses recherches parmi les ruelles désertées. Elle finit par dénicher un reste de colombo de cabri, surtout du riz et des épices, un peu raide à avaler pour un palais de métwopolitaine prénommée « Perle sacrée d’Ispahan ». Elle vomit dans le caniveau et souffrit de brûlures d’estomac pendant vingt-quatre heures. Elle trouva enfin un morceau de patate douce au fond d’une poubelle et s’en délecta comme si c’était une queue de langouste à la parisienne. Deux jours plus tard, elle se rapprocha d’une marchande d’acras « spécial » touristes, confectionnés à base de beaucoup de piment et de très peu de morue, et s’acclimata peu à peu à cette nourriture ensoleillée, car quand la faim…

Je suis donc un catribéen à poil ras ; un mâle entier noir et blanc. La tache immaculée entre mes deux yeux se termine en pointe, comme le plumeau sur le bicorne du général en chef des armées françaises de Saint-Domingue et je porte d’élégantes chaussettes blanches comme ses pantalons. J’ai vu le jour une nuit de carême, le vingt-cinq février en pleine saison sèche, dans un buisson de chèvrefeuille du Cap, parfumé au jasmin. Je gagnai mon indépendance cinq mois plus tard et je pris mes quartiers d’été permanent dans le bistrot du coin, entouré de vieux habitués à chapeau en feuilles de palmes. Au début, le bruit sec des dominos claquant sur la table dévernie et les invectives des matelots assoiffés me faisaient peur, aujourd’hui, je ne les entends plus. C’est le rendez-vous des marins, la halte rhum-citron vert pour les travailleurs de la mer, l’étape obligatoire avant le retour à la case et les remontrances de la matrone. Car si le patron pêcheur est seul maître à bord après Dieu, chez lui, c’est une tout autre histoire.

Si les chats de métropole sont dûment baptisés, les catribéens, eux, ne s’appellent pas ; libres comme la brise, ils passent d’un maître à un autre, font du saute-île, baguenaudent dans les ports, sans entrave, et ne se sédentarisent jamais assez longtemps pour pouvoir porter un nom. Je fais exception à la règle. Le patron du bistrot, où je traîne souvent mes coussinets, m’a trouvé un patronyme à mon image : celui d’un Antillais comme moi, mais du côté d’Haïti, général de cavalerie de son état, né le vingt mai 1743 à Saint-Domingue. En son temps, il posa la première pierre d’une nation noire indépendante lors de la révolte du vingt-trois août 1791 ; moi je n’étais pas encore né. Les Saintois et les communautés antillaises en général lui doivent de vivre sur un îlot de liberté.

Un tableau le représente sabre au clair, sur son destrier cabré, blanc comme l’écume, prêt à en découdre avec l’ennemi. La reproduction, jaunie par le soleil généreux des îles et les embruns tout aussi prodigues, est accrochée au mur du fond, juste au-dessus d’une chaise qui aurait bien besoin de voir un canneur. Le cannage défoncé pouvant tout juste supporter le poids d’un enfant d’un an ou celui d’un chat de onze mois. Je m’installe souvent, pour ma sieste du début ou de fin d’après-midi, sur cette chaise mise au rebut dans une encoignure de la salle pour éviter une chute malencontreuse d’un client sur le béton brut ; dans les îles, on ne jette rien, on garde au cas où. À force de me voir tous les après-midi sous cette gravure, le patron un jour eut l’idée de me donner son nom. Voilà pourquoi je suis connu comme Toussaint Louverture, le chat noir et blanc qui traîne ses pattes du côté du port.

Cette nuit, la lune argentée brille comme un joyau sur la voûte étoilée. J’arpente la jetée humide de la dernière averse. Le dicton bien connu « après la pluie le beau temps » a dû être inventé par un îlien, car, la dernière goutte à peine tombée du ciel, celui-ci se nettoie comme par magie et se pare de lumignons clignotants. Une ombre diaphane se glisse sous une coque renversée, la curiosité l’emporte sur la frayeur, je rampe sous le pointu et me retrouve vibrisses contre vibrisses avec la belle persane. Elle me conte ses aventures et je lui fais voir du pays. À nous deux, nous repeuplons Terre-de-Haut au fil de nos rencontres.

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de CHAT PITRE
  • : AUTEURE DE ROMANS FELINS EDITEE CHEZ EVIDENCE EDITIONS FRANCE LOISIRS ET CITY EDITIONS
  • Contact

  • CHAT PITRE
  • Passionnée de chats, je les photographie et je les romance.
  • Passionnée de chats, je les photographie et je les romance.

LIENS VERS MES ROMANS FELINS

 

Mon 3ème roman félin TROPIQUE DU CHAT chez évidence éditions

https://www.amazon.fr/dp/B084NYFSRL/ref=dp-kindle-redirect?_encoding=UTF8&btkr=1

 

 

Mon 2ème roman : ATTILA, le curieux chat voyageur chez City éditions

nouvelle version avec une préface de Brigitte Bulard-Cordeau

 

Les fantastiques aventures de Surcouf chez City éditions

 

 

 

 

 

LES FANTASTIQUES AVENTURES DE SURCOUF

"LES FANTASTIQUES AVENTURES DE SURCOUF"
mon 1er roman félin

LIEN VERS LE LIVRE : http://livre.fnac.com/a7889954/Christine-Lacroix-Les-fantastiques-aventures-de-Surcouf-le-Chat

Mon mail : surcouf.galaup@gmail.com

 

 

Catégories